Compte administratif 2025 : Bessancourt sous tension financière
Le Compte administratif 2025 confirme une réalité préoccupante : la commune fonctionne encore, mais ses marges de manœuvre se réduisent fortement. Derrière l’équilibre apparent, les chiffres révèlent un autofinancement très faible, des investissements partiellement réalisés et une dépendance à des recettes encore attendues.
Ce qu’il faut retenir
- 74 500 € seulement d’excédent de fonctionnement en 2025.
- 367 622 € de déficit d’investissement sur l’exercice.
- 638 024 € de dépenses d’investissement restant à réaliser.
- 1 165 965 € de recettes attendues, dont des cessions et subventions.
- Une commune qui vit avec des marges financières très limitées.
Une épargne de fonctionnement quasi inexistante
En 2025, la commune dégage un excédent de fonctionnement de seulement 74 500,18 €. Pour une ville de plus de 8 000 habitants, ce niveau est particulièrement faible.
Cela signifie qu’après avoir payé ses dépenses courantes, la commune ne dispose presque plus de capacité pour financer ses investissements, absorber les imprévus ou préparer l’avenir.
Une commune qui ne dégage plus suffisamment d’épargne fragilise sa capacité à investir sans dépendre de recettes exceptionnelles ou de reports.
Des investissements déficitaires
La section d’investissement présente un déficit d’exécution de 367 622,25 €. Les dépenses d’investissement atteignent 2 913 656,30 €, tandis que les recettes d’investissement s’élèvent à 2 546 034,05 €.
Ce déficit montre que les investissements réalisés n’ont pas été suffisamment couverts par les recettes de l’année.
Des restes à réaliser qui interrogent
Le Compte administratif affiche 638 024,85 € de dépenses restant à réaliser et 1 165 965,96 € de recettes restant à percevoir.
Parmi ces recettes attendues figurent notamment :
- 475 000 € de produits de cessions d’immobilisations ;
- 690 965,96 € de subventions d’investissement.
La question est simple : ces recettes sont-elles certaines, notifiées et encaissables rapidement ? Si ce n’est pas le cas, le résultat affiché pourrait donner une image trop favorable de la situation.
Des dépenses de fonctionnement rigides
Les dépenses réelles de fonctionnement atteignent près de 11,9 millions d’euros. Les charges de personnel représentent à elles seules plus de 6,8 millions d’euros.
Il ne s’agit pas de remettre en cause le travail des agents municipaux. Mais la majorité doit expliquer sa stratégie de maîtrise des effectifs, des charges générales et des dépenses récurrentes.
Une commune qui vit à flux tendu
L’excédent de fonctionnement représente environ 0,6 % des recettes de fonctionnement. Autrement dit, presque toutes les recettes courantes sont absorbées par les dépenses courantes.
Dans ces conditions, la moindre hausse des coûts de l’énergie, des charges de personnel, des taux d’intérêt ou des dépenses imprévues peut rapidement déséquilibrer la trajectoire financière.
Les questions que la majorité doit éclaircir
- Pourquoi l’excédent de fonctionnement est-il aussi faible ?
- Les 475 000 € de cessions attendues sont-ils sécurisés ?
- Les 690 965,96 € de subventions sont-ils notifiés ?
- Quels projets correspondent aux 638 024,85 € de restes à réaliser ?
- Pourquoi une partie importante des crédits d’investissement n’a-t-elle pas été consommée ?
- Quelle est la capacité réelle d’autofinancement de la commune ?
- Quelle trajectoire financière est prévue pour 2026, 2027 et 2028 ?
Nos propositions
Agir pour Bessancourt demande une gestion plus transparente, plus sincère et plus prévisible des finances communales.
- Mettre en place une programmation pluriannuelle des investissements.
- Présenter un tableau de bord financier trimestriel à tous les élus.
- Prioriser les investissements essentiels.
- Reconstituer progressivement l’épargne de la commune.
- Renforcer l’information des habitants sur l’utilisation de l’argent public.