Finances communales : les Bessancourtois ne doivent pas supporter seuls les conséquences des choix passés

Les finances de Bessancourt appellent des explications précises et des décisions concrètes. Les habitants doivent savoir comment la commune en est arrivée là , mais aussi comment elle compte retrouver une situation financière durable.
L’avis rendu par la Chambre régionale des comptes sur le budget 2026 a mis en évidence des anomalies importantes : des restes à réaliser non sincères, des dépenses sous-évaluées et des prévisions de recettes d’investissement corrigées.
Sur les quelque 1,166 million d’euros de recettes inscrites en restes à réaliser d’investissement, la Chambre n’a retenu que 277 099 euros après vérification des justificatifs. Près de 889 000 euros de recettes prévisionnelles n’ont donc pas pu être retenus.
Ces constats doivent être expliqués sans minimisation. Ils ne doivent pas non plus servir de prétexte à un échange interminable d’accusations entre l’ancienne et l’actuelle majorité.
Une responsabilité politique qui ne s’efface pas
L’ancienne majorité doit répondre de son bilan et expliquer les choix qui ont contribué à fragiliser les finances communales.
Mais plusieurs membres de l’équipe municipale actuelle ont eux-mêmes appartenu aux précédentes majorités, en qualité d’adjoints ou de conseillers municipaux.
Il ne s’agit pas d’affirmer que chacun disposait du même niveau d’information ou connaissait toutes les difficultés aujourd’hui mises en lumière. Il s’agit de rappeler que les responsabilités politiques doivent être examinées à partir des fonctions exercées, des votes et des positions prises.
Ceux qui dénoncent aujourd’hui les orientations passées doivent pouvoir expliquer lesquelles ils ont soutenues, lesquelles ils ont contestées et quelles alertes ils ont formulées.
Changer de majorité ne dispense pas de rendre compte de son action antérieure.
Notre groupe, Agir pour Bessancourt, alerte depuis plusieurs années sur la fragilité de la trajectoire financière de la commune. Nous continuerons à demander des explications et à défendre une gestion transparente de l’argent public.
Après le diagnostic, un plan d’action
La nouvelle majorité a hérité d’une situation difficile. Nous ne lui demandons pas de résoudre en quelques mois l’ensemble des problèmes accumulés.
En revanche, après six mois de mandat, les habitants sont en droit d’attendre une feuille de route.
Le rejet du budget primitif et sa non-adoption dans les délais légaux ont conduit à l’intervention de la Chambre régionale des comptes. Son avis apporte des éléments précis sur les corrections nécessaires. Le travail du cabinet d’audit doit également être rendu accessible et expliqué, en distinguant ses constats, ses recommandations et les décisions retenues par la municipalité.
La question est désormais concrète : quelles mesures seront prises, dans quels délais, pour quelles économies et avec quelles conséquences pour les habitants ?
Un diagnostic ne constitue pas, Ă lui seul, une politique municipale.
Préserver les services essentiels et partager l’effort
Le redressement des finances peut nécessiter des économies et des arbitrages difficiles. Mais ces choix doivent être transparents, proportionnés et équitables.
Les écoles, les associations, les familles, les jeunes et les personnes âgées doivent connaître les conséquences des décisions envisagées. Les éventuelles réductions de moyens scolaires ou d’activités doivent être clairement présentées et justifiées.
La municipalité doit préciser ce qu’elle entend préserver en priorité, les dépenses qu’elle souhaite réduire et les solutions alternatives qu’elle a examinées.
L’avis de la CRC propose une hausse des taux d’imposition et intègre une prévision d’augmentation des tarifs scolaires et périscolaires. Les habitants doivent donc recevoir une information claire sur les mesures effectivement retenues, leur calendrier et leur incidence sur leur budget.
Avant de solliciter davantage les contribuables et les usagers, toutes les marges d’économie doivent être examinées.
Les élus doivent aussi prendre leur part
La question des indemnités de fonction des élus mérite, elle aussi, d’être posée.
Ces indemnités compensent les contraintes liées à l’exercice du mandat. Nous ne remettons pas en cause leur principe. Mais lorsqu’un effort est demandé à la population, les responsables municipaux doivent expliquer les efforts qu’ils sont eux-mêmes prêts à consentir.
Une réduction des indemnités a-t-elle été étudiée ? Quelle économie représenterait-elle ? Quelles autres dépenses liées au fonctionnement de l’équipe municipale ont été réexaminées ?
Une baisse des indemnités ne suffirait évidemment pas à résoudre les difficultés financières de Bessancourt. Elle peut néanmoins participer à un effort collectif et témoigner de l’exemplarité attendue des décideurs.
Les économies recherchées doivent aussi porter sur les contrats, les achats, les prestations et les dépenses de fonctionnement, en évaluant leurs effets sur la qualité des services.
Nos demandes : de la transparence et des engagements vérifiables
Agir pour Bessancourt demande :
- La publication du rapport d’audit et de ses annexes, accompagnée d’une présentation compréhensible pour les habitants ;
- Un plan de redressement chiffré, précisant les économies attendues et les hypothèses de recettes ;
- Une liste des investissements prioritaires, maintenus, reportés ou abandonnés ;
- Une présentation des conséquences sur les impôts, les tarifs municipaux et les services à la population ;
- Un calendrier de mise en œuvre et un suivi public régulier des résultats.
Nous ne prétendons pas détenir une solution miracle. Nous demandons des choix expliqués, des engagements mesurables et une répartition équitable de l’effort.
L’ancienne majorité doit assumer son bilan. La nouvelle doit assumer les décisions prises depuis son arrivée et présenter sa stratégie pour la suite du mandat.
Les Bessancourtois ont besoin de savoir comment leur commune fonctionnera demain, quels services seront préservés et quelles priorités guideront l’action municipale.
Ils ne doivent pas supporter seuls les conséquences des choix passés. Le redressement de Bessancourt exige de la transparence, de l’exemplarité et un effort réellement partagé.
Agir pour Bessancourt
Source des éléments budgétaires : avis de la Chambre régionale des comptes d’Île-de-France relatif au budget primitif 2026 de la commune de Bessancourt (PDF) .